Les mariages forcés et la loi

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L'assemblée nationale vient de voter un texte qui renforce la législation en matière de lutte contre les violences conjugales, et aussi contre les mariages forcés. En portant notamment l'age légal du mariage pour les femmes à 18 ans au lieu de 15 auparavant (alors qu'il est depuis longtemps à 18 ans pour les hommes).

Pour voir les principaux points du texte commentés de façon claire et compréhensibles pour tous, c'est du côté du Nouvel Obs qu'il vaut mieux aller.

Dans le Figaro, un article cosigné par deux députés de sensibilité politique différente (une UMP et un PS) mais visiblement concernés par ces problèmes, vaut la lecture car l'analyse est plus  pointue. Si tout le monde s'accorde sur l'opportunité de relever l'age minimal au mariage car les mineures sont vulnérables au vu de leur incapacité juridique, les auteurs relève un paradoxe bien français. "Il est vraiment paradoxal de constater que la société française a instauré, à travers de nouvelles règles d'immigration posées en 2003, un contrôle de la réalité du consentement des époux beaucoup plus efficace pour lutter contre les mariages de complaisance – c'est-à-dire limiter l'immigration clandestine – que pour éviter les mariages forcés – c'est-à-dire garantir une liberté publique. Nous qui nous targuons d'être le pays des droits de l'homme !" Bien analysé.  Il y a aussi une proposition tout à fait intéressante : "une sensibilisation aux règles républicaines du consentement au mariage devrait être assurée dans le cadre des cours d'instruction civique, car la loi sur ce point est parfois mal connue. Les jeunes filles savent qu'elles doivent dire oui, mais ignorent qu'un oui extorqué sous la contrainte n'est pas un véritable oui au regard de la loi, et qu'elles peuvent le contester devant le juge. C'est pourquoi nous voulons, à titre pédagogique, que la loi indique clairement que toute personne victime de pressions pour se marier peut demander la nullité de son union." Je pense que de nombreux enseignants confrontés au quotidien à la réalité des mariages forcés apprécieront.

Mais tout n'est pas encore terminé puisque le texte doit encore retourner au Sénat pour une deuxième lecture.

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