Partager l'article ! Dur, dur de reconnaître ses torts de guerre !: On les appelle pudiquement "femmes de réconfort", "femmes d'agrément" ...
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On les appelle pudiquement "femmes de réconfort", "femmes d'agrément" ou aussi EMS pour "esclaves militaires sexuelles". Et c'est parce qu'elles ont enfin osé élevé leur voix pour réclamer réparation, qu'on découvre en Europe ces esclaves sexuelles de l'armée nippone dans les années 30 et 40.
Si les faits remontent aux années 1932 (bataille de Shangaï) puis 1937 avec la seconde guerre sino-japonaise et jusqu'à la seconde guerre mondiale, il faut attendre 1993 pour qu'un haut responsable japonais admette, pour la première fois, que l'armée impériale avait facilité, de façon directe ou indirecte, le transport d'environ 200 000 femmes asiatiques (surtout sud-coréennes) pour apaiser la solitude des soldats nippons. En 2001, l'ancien premier ministre Junichiro Koizumi avait déclaré profondément regretter les "douloureuses expériences" qu'elles avaient endurées. Une déclaration de principe qui ne satisfait nullement les dizaines de vieilles femmes qui manifestent chaques mercredi matin devant l'ambassade du Japon en en Corée pour maintenir le souvenir de ces crimes de guerre non complètement reconnus et surtout pas assumés par l'actuel gouvernement japonais qui refuse d'accorder les compensations demandées par ces femmes.
Et si on en parle jusque dans les medias français, c'est qu'un projet de résolution a été déposé à Washington par un parlementaire démocrate d'origine japonaise, Mike Honda. Son texte exhorte le Japon à «s'excuser officiellement et sans ambiguïté» et à «prendre acte de la tragédie» des femmes de réconfort afin de rendre justice à celles «qui ont survécu à ces atrocités». Cette résolution a été fraîchement accueillie au Japon, et Shinzo Abe (premier ministre japonais) s'efforce de nier le caractère forcé de l'enrôlement des femmes de réconfort, par manque de preuve ! Cela revient à transformer les survivantes en prostituées consentantes. Les réactions à Pékin, Séoul, et ailleurs en Asie, ont été unanimes pour appeler le Japon à «respecter la vérité historique et à éviter de glorifier ou justifier son histoire coloniale.»
P.S. Un roman poignant sur ce sujet : Les orchidées rouges de Shangaï de Juliette Morillot (2001)
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