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Les 60
ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme ont été abondamment cités dans les médias.
Vous avez sans doute vu que ce blog était entré en phase léthargique de demi-sommeil. Pour cause de
boulot et de planning trop chargé.
Mais un mail est venu hier le réveiller, qui disait : "votre blog est apparu comme proche de nos idées et de ce que nous faisons. Nous souhaiterions créer un partenariat entre votre blog et
le notre." Je vous laisse le soin d'y faire un tour (ce qui me permet de faire ainsi un
lien croisé comme demandé). Et de découvrir que sous couvert de confidences entre femmes, de billets sur les idées toutes faites concernant les femmes et le sexe, les belles-mères ou encore la
cuisine, il s'agit tout simplement de promouvoir une ligne de plats cuisinés !
Alors justement, pour sortir des sentiers balisés ou récupérés des "idées toutes faites", voici une rapide revue des informations qui ont retenu mon attention ces
derniers jours. C'est un peu en vrac, mais c'est sans doute ma réaction à la pause léthargique !
- le groupe Agefi vient de publier la 15e édition de son guide des Etats-majors des grandes entreprises en France : la place des
femmes y est stable avec 12,5% de femmes au sein des états-majors (contre 12% l'an dernier) et seulement 3% au poste de PDG ou de président du directoire
; les femmes sont plus présentes dans les directions de la communication et celles des ressources humaines.
- si le constat est toujours aussi décevant, on peut lire ensuite cet article pour espérer que la tendance finisse par évoluer : Féminiser le management, c'est bon pour l'entreprise. C'est L'Entreprise qui l'écrit et
précise que de plus en plus de sociétés nomment des femmes dans leur équipes de direction non par souci du politiquement correct, mais parce que cela est rentable. Un discours qui devrait faire
mouche en période de crise économique ! Conclusion pragmatique de l'article : "quand des problèmes se posent, mais que le dialogue est de qualité, on trouve des solutions".
- S'agit-il de trouver des solutions ou de prendre conscience que la répartition des rôles entre filles et garçons intervient dès la petite enfance ? Cet article du
Monde explique trés clairement pourquoi le combat pour l'égalité des sexes doit commencer le plus tôt possible. Et au-delà de l'expérience suédoise
(innovante pour nous), la sociologue Marie Duru-Bellat explique
comment l'accumulation des "petites différences qui paraissent à première vue dérisoires finit par peser : le fait que les enseignants s'intéressent
moins aux filles, notamment dans les matières scientifiques, semble nourrir une moindre affirmation de soi que l'on retrouve chez les femmes dans le monde du travail." A appliquer sans doute
aussi au monde du management !
Enfin pour se persuader de tout ce qu'il reste à faire dès l'école, il suffit de lire dans le détail l'étude réalisée à la demande de la Halde sur la place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels
scolaires. Edifiant dans la France du XXIe siècle !
Contente pour le prix Nobel de littérature décerné à
Doris Lessing : il aurait pu venir avant. Mais bon !
plutôt réputé dans le monde des lecteurs anglophones. A vrai dire, je ne
connais pas l'Irlandaise Anne Enright ni son roman "The
Gathering" mais elle n'a que 45 ans. Voilà qui lui évite d'attendre d'être octogénaire pour être reconnue ! Inquiétude pour les iraniennes avec le retour des beaux jours et de la chasse à la féminité qui les accompagne ! Le Figaro met en ligne un court diaporama éclairant sur le sujet. Et Iran Focus confirme que 150 000 femmes ont été arrêtées, dont 100 qui vont passer en jugement suite à la campagne de moralisation imposant un code vestimentaire plus strict.
Inquiétude pour Taslima Nasreen qui est à nouveau la cible de groupes fondamentalistes islamistes en Inde, avec cette récompense de 500 000 roupies promise à quiconque la décapiterait. Cela fait 13 ans que cette écrivaine vit dans la peur pour avoir le tort de lutter dans ses livres et ses écrits pour l’émancipation des femmes. Une pétition a été lancée pour affirmer la solidarité de tous les amoureux de la liberté avec Taslima Nasreen.
Inquiétude encore pour Nawal El Saadawi, récente lauréate du prix international de littérature africaine qui se trouve accusée d'apostasie et de ne pas avoir respecté les principes de l'islam à cause notamment d'une pièce de théâtre intitulée "Dieu démissionne au sommet". Le site "Ni putes ni soumises" présente cette figure féminine et relaie un appel à pétition pour la liberté de pensée et de créativité.
En Iran, tout responsable de la mort (meurtre ou accident) d'une autre personne doit payer une compensation à sa famille. Le ministère de la justice vient donc de fixer les valeurs humaines 2007. La vie d'un homme est estimée à 37.600 dollars alors que la valeur d'une femme est de 18.800 dollars.
No comment !
Ce n'est pas fréquent ici, mais la force d'un blog et d'Internet doit servir les bonnes causes.
Elle s'appelle Amal et une pétition vient d'être lancée pour qu'elle puisse vivre sa vie en France comme elle l'entend et non en subissant des contraintes qui l'assimile à une criminelle alors qu'elle a eu le seul tort d'être victime d'un mariage forcé. Pour en savoir plus sur elle et soutenir la pétition, voir le site Femmes solidaires du Rhône.

Attention, la pétition n'est pas directement en ligne. Il vous faut envoyer un mail à femmessolidairesrhone@voila.fr
Que des femmes montrent l'exemple à la tête de grandes entreprises : d'accord.
Qu'elles aient un profil plus que riche et soient performantes dans leur management : d'accord.
Qu'elles puissent démissionner selon leur gré ou leur conscience : d'accord.
Qu'elles soient remplacées par une autre femme, ancienne n°2, même provisoirement : d'accord.
Mais qu'elle empoche plusieurs millions (de 2,5 à 6 selon les articles !) en guise d'indemnités semblables à un parachute doré ou à la portion du chef : PAS d'accord ! Ce n'est pas en s'alignant sur les mauvaises pratiques des patrons (masculins) que les femmes pourront prouver qu'elles ont une éthique différente. Avec ou sans l'appui de la présidente du Medef !
L'entreprise : le Printemps ; l'ex-PDG concernée : Laurence Danon.
A LIRE : le dernier n° de Courrier International intitulé "Les femmes sont-elles vraiment les meilleures ?"
Il s'agit de politique et d'actualité mondiale, mais l'analyse basique du titre donne les clés du dossier : pour la première fois de l'histoire, plusieurs femmes sont parvenues simultanément au sommet de l'Etat aux 4 coins de la planète, est-ce pour autant une gouvernance meilleure que celle des hommes, avec des priorités et des valeurs différentes, un exercice différent du pouvoir ? L'article de couverture donne le ton : s'il pose ces questions, il y répond par un non sceptique tout en espérant changer d'avis. Et il est écrit par une femme, Edurne Uriarte (Professeure de science politique à l'université Roi Juan Carlos de Madrid).
A VOIR : ce soir, sur France 2, l'émission Envoyé spécial avec un sujet consacré au monde sans femmes (de Stéphanie Lebrun et Arnaud Kehon).
Entre la Chine et l’Inde, il manque 100 millions de femmes. Elles y sont indésirables, inutiles et coûteuses, et dans les sociétés patriarcales, le «foeticide» des bébés filles engendre un déséquilibre démographique entre hommes et femmes qui atteint des proportions alarmantes. Ce sujet a déjà abordé dans ce blog et devrait être traité avec le sérieux qu'on connaît à cette émission ... présentée par deux femmes.
PS. ne pas croire que l'émission répond à la question posée par Courrier International ! Mais elle permet de relativiser tout le chemin qui reste encore à parcourir.
Faut-il dire "trop, c'est trop" ou bien faut-il applaudir la levée du silence qui a longtemps occulté ces mots tabous ?
Les violences faites aux femmes, dont le viol, reviennent souvent dans la presse actuellement, en France comme à l'étranger.
Il y a des chiffres (qui font froid dans le dos) et qu'on retient d'autant plus facilement que la formule "une agression toutes les 2 heures" choque.
Il y a des révélations, comme celle de Clémentine Autain qui ose parler de son viol pour expliquer son combat féministe, ou le témoignage de Sylvie qui raconte sa difficulté à exorciser son angoise, sa honte et sa culpabilité.
Et toutes ces brèves, venues de tous pays, qui dressent une toile bien sombre. A Touba au Sénégal avec l'appel à une journée de deuil en mémoire d'une femme battue à mort et jetée dans une fosse septique. Au Congo, où des dizaines de milliers de femmes ont été violées par les soldats et les rebelles : une émission de BBC Afrique s'interrogera sur ce fléau le 18 novembre. Darfour, Irak, etc. La liste est longue. Mais on ignore aussi ce que la presse locale a parfois le courage de commencer à révéler, à toutes petites doses il est vrai. C'est Courrier International (sur abonnement) qui traduit un article du journal afghan Gothai expliquant que des filles mariées trop jeunes (dès 12 ans) et victimes de mauvais traitements préfèrent s'immoler par le feu et terminent au mieux comme grandes brulées sur des lits d'hôpitaux. C'est surtout le silence des familles et de la société autour de cette pratique qui est insoutenable.
Finalement, merci aux medias d'oser parler de telles détresses, même si on préfèrait tous qu'elles n'existent pas.
Les députés polonais étudient actuellement un projet d'amendement qui interdirait totalement l'avortement en inscrivant dans la Constitution que l'Etat polonais "assure à toute personne la protection légale de sa vie, dès sa conception".
Il faut savoir que depuis 1989, la législation du pays autorise l'avortement uniquement en cas de viol, d'inceste, de danger pour la vie de la mère ou de malformation irréversible du fœtus.
Et même dans ces cas, la majorité des médecins publics refusent de le faire. Par contre, l’avortement clandestin est accessible contre l’équivalent de deux mois de salaire ! Pour en savoir plus sur la situation en Pologne.
Le 4 novembre, un collectif d'organisations polonaises organise une manifestation à Varsovie, avec pour mot d'ordre :" Assez de l'enfer pour les femmes ! Nous exigeons l'avortement légal ! ". D'autres manifestations de soutien sont organisées en Europe et en France.
Il y a parfois des faisceaux de nouvelles qui donnent à penser que notre monde est bien moche !
Un rapport des Nations Unies sur la violence à l’encontre des enfants révèle que plus d’un milliard d’enfants dans le monde peuvent encore être battus légalement. L’étude, menée durant quatre ans, sous la direction du juriste brésilien Paulo Sérgio Pinheiro, vient d'être présentée à l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle surprend par son ampleur car c'est la première fois que l’on tente de documenter ce phénomène dans le monde entier et de déterminer ce qu’il faut faire pour y mettre un terme. Depuis 2003, des milliers de personnes ont contribué à cette étude par le biais de consultations, de groupes de travail, de questionnaires ou d’autres approches. (télécharger le document pdf) On y apprend ainsi qu'en 2002, 53 000 mineurs dans le monde ont succombé à un meurtre, que 150 millions de filles et 73 millions de garços ont subi des relations sexuelles forcées, qu'entre 100 et 140 millions de femmes ont été victimes dans leur enfance de mutilations sexuelles et qu'outre les pays où l'on peut incarcérer (pour vagabondage) et même appliquer la peine de mort aux mineurs, il faut compter près de 220 millions d'enfants exploités économiquement dont 5 millions seraient des esclaves. La cruauté de ces chiffres interpellent les adultes et parents !
Et c'est sans compter les enfants soldats.On les estime encore à 300 000 et un rapport d'Amnesty International publié aujourd'hui est alarmant sur la situation en République Démocratique du Congo. Plus de 2 ans après le lancement d'un programme national visant à démobiliser les enfants soldats et à les réinsérer dans la vie civile, au moins 11.000 sont encore dans les rangs de groupes armés ou ne donnent pas signe de vie. Le rapport s'attarde aussi sur le sort des filles qui représentent environ 40% des enfants utilisés par les forces et les groupes armés. Pour un résumé en français de la situation, voir le Nouvel Obs.
Comment dormir tranquille après tout cela ?
Le Women's Forum for the economy and society : tout le monde en parle. Donc, outre leur site entièrement en anglais, je conseille de lire ces quelques liens bien centrés ou juste un peu décalés :
- une interview d'Aude de Thuin dans Capital
- le point de vue des femmes sur Internet (Blog des Echos)
- les impressions, déclinées sous forme adjectivale, d'une participante (Tout pour Elles)
Enfin, le quotidien économique Les Echos a convié dimanche 80 "femmes d'influence" (ministre, chefs d'entreprise, femmes politiques, écrivains, cinéastes... ) à rédiger l'intégralité des articles du journal, en binôme avec des journalistes de la rédaction. On peut même voir les vidéos ! [rajoût tardif : l'édition du 9/10/06 réalisée par des personnalités féminines a été la meilleure vente au numéro pour l'année 2006]
Dominique Voynet a plaidé pour que le journal revienne sur l'assassinat, samedi à Moscou, de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, célèbre pour sa couverture très critique et indépendante de la guerre en Tchétchénie.
(photo EPA)
Une requête entendue : Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, a décidé d'en parler dans un éditorial intitulé le courage des femmes. Il n'y a qu'un chapitre (le premier) consacré à la journaliste Anna, mais les mots sont denses et forts. Tout le reste de l'édito concerne le courage féminin décliné au quotidien, tant dans les pays en développement que dans les pays riches. Un journaliste (masculin) aurait-il pu élargir ainsi son propos, surtout dans un éditorial ? Sans doute l'aspect positif du Women's Forum et l'influence des femmes d'influence !
On apprend - via l'Independant - que la rédactrice en chef du journal Glamour a présenté ses excuses aux Familles de militaires contre la guerre (MFAW). L'association avait reçu un courriel demandant de présenter à sa reporter des veuves de guerre "photogéniques" entre 30 et 38 ans dont le mari avait été tué en Irak ou en Afghanistan.
Parce qu'évidemment toutes les autres n'intéressaient pas vraiment Glamour !
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